CHARME PINDA, ANGOLA Ivoire à patine miel…

Lot 75
20 000 - 30 000 €
Résultat: 13 000 €

CHARME PINDA, ANGOLA Ivoire à patine miel…

CHARME PINDA, ANGOLA Ivoire à patine miel
H. 11,5 cm
PINDA IVORY FIGURE, ANGOLA H. 4.5 in
Provenance:
- Collection acquise en Angola vers 1955
- Collection privée
Exceptionnel ivoire Pinda sculpté d'une effigie janus, et percé en son sommet d'une cavité reliquaire. Sur une face, le personnage masculin présente une tête ovale au regard en grain de café, la bouche en amande étirée. Des marques rituelles zèbrent les joues et le front, l'arrière du crâne s'étirant en une imposante coiffe à double ailette. Sur l'autre face, la coiffe devient un visage bipartite, la jonction des deux chignons dessinant un nez scindé plus bas en une courte bouche. Les bras forment une architecture prenant appui sur une base simple.
Les proportions, l'entremêlement des deux univers, figuratifs et abstraits, est absolument remarquable.
Cf. Marie-Louise Bastin, Sculpture angolaise. Mémorial de cultures, Museu
Nacional de Etnologia, Lisbonne, 1994
C'est une histoire connue que la saisie administrative pour acte de sorcellerie en 1948 des trois objets en ivoire Pinda du Museu Nacional de Etnologia (MNE), Lisbonne n° 59, 60, 61 de «Sculpture Angolaise», qui nous permet d'en savoir un peu plus sur les Pinda. Une quatrième sculpture est reproduite, n° 62, elle avait fait l'objet d'une publication antérieure par Macedo et Montalvon en 1934 (fig. 39).
Nous sommes donc en présence d'un corpus rarissime de quatre sculptures en ivoire Pinda, et nous en découvrons trois autres faisant partie de l'appareil d'un Nganga (prêtre-guérisseur): sur ces trois objets, l'un a été vendu chez Sotheby's le 2 décembre dernier (reproduit sous le lot 78) et les deux autres sont présentés ici.
Les Pinda, comme les Ovimbundu (plus connus des collectionneurs) ou les Nkhumbi sont des populations qui habitent au contact de la côte angolaise au sud de la capitale Luanda.
Sur un corpus maintenant porté à sept statuettes en ivoire, toutes en buste, cinq d'entre elles présentent cette coiffure bilobée en saillie qui les distingue clairement des autres objets angolais. A l'exception de l'une d'entre elles, elles ont toutes fait l'objet de nombreuses applications de poudre rouge (tukula) qui visent à augmenter leur pouvoir. Elles présentent toutes aussi une cavité profonde sur le sommet de la tête, laquelle devait contenir des dents humaines si l'on s'appuie sur l'exemple (n° 59) du M. N. E. qui a conservé ses deux dents visant encore à augmenter le pouvoir des objets du Nganga.
De cet ensemble aux caractéristiques proches pour six objets, jaillit avec toute sa puissance cette statuette janus mi-homme, mi-animal, dans un imaginaire rarissime pour l'art africain. La comparaison avec cette gravure (in. Capelo et Ivens, 1886, I: 208) d'une femme Nkhumbi portant une coiffe d'un superbe raffinement, avec ce qui évoque deux larges oreilles d'éléphant, est saisissante.
Au travers de cette sculpture janus anthropozoomorphe, le Nganga a sans doute voulu rendre la force vitale de l'éléphant. Le visage formé de ces deux oreilles et les bras se terminant comme des pieds d'éléphant semblent l'indiquer. C'est un objet dont Dubuffet ou Max Ernst auraient volontiers accepté la paternité.
L'ivoire, avec sa patine rouge foncé de tukula, révèle une grande ancienneté et un très long usage au service du Nganga.


Ce lot est réalisé dans l’ivoire d’Elephantidae spp - classé à l’Annexe I au titre de la Convention de Washington et à l’Annexe A du Règlement Communautaire Européen - au vu de son ancienneté, ce spécimen est bien antérieur au 1er juin 1947. De ce fait, l’utilisation commerciale dans l’UE est permise. En revanche, pour une sortie de l’UE, un CITES de ré-export sera nécessaire, celui-ci étant à la charge du futur acquéreur.

PINDA IVORY FIGURE, ANGOLA Ivory with honey-coloured patina
Origin:
- Collection acquired in Angola, circa 1955
- Private collection
Exceptional sculpted Pinda ivory of a Janus effigy, with a reliquary cavity at the top. On one side, the male figure has an oval head and coffee-bean-shaped eyes, with an elongated almond-shaped mouth.
Ritual marks been made all across the cheeks and forehead, while the back of the skull is prolonged by an impressive headdress with a double fin shape. On the other side, the headpiece becomes a two-part face, the meeting point of the two chignons forming a nose divided lower down into a short mouth. The arms provide the architecture supported by a simple base.
The proportions, the intertwining of the two worlds, figurative and abstract, is absolutely remarkable.
The well-known story of the administrative seizure for acts of witchcraft of three
Pinda ivory objects in 1948 in the Museu Nacional de Etnologia (MNE), Lisbon, N° 59, 60, 61 of "Angolan Sculpture", helps us know a little more about the Pinda. A fourth sculpture is reproduced, n° 62, which had been previously published by Macedo and Montalvon in 1934 (fig. 39).
We have here a rare body of work with four sculptures in Pinda ivory, and will see three others that belonged to a Nganga (priest-faith healer): of the three objects, one was sold at Sotheby's on 2 December (reproduced in lot 78) and the two others are shown here.
The Pinda, like the Ovimbundu (better known to collectors) or the Nkhumbi, are peoples living in contact with the Angolan coast to the south of the capital Luanda.
In a body of work now including seven ivory statuettes, all busts, five show the projecting bilobed hairstyle that sets them apart from other Angolan objects. Apart from one, red powder (tukula) has been applied to them with the aim of increasing their powers. They also have a deep cavity at the top of the head, which probably contained human teeth, if we base ourselves on the example (n°59) in the M.N.E., which still has two teeth, again with the objective of increasing the powers of the
Nganga objects.
From the group of six objects with similar characteristics, this Janus statue, half man, half animal, emerges with all its power, in a very rare imaginary atmosphere in African art. The comparison with the engraving (in Capelo and Ivens, 1886, I: 208) of a
Nkhumbi woman wearing a wonderfully refined headdress, with an evocation of two wide elephant's ears, is striking.
Through this anthropo-zoomorphic Janus statue, the Nganga probably wanted to convey the life force of the elephant. This seems to be shown by the face formed by these two ears and the arms ending as elephant feet. This is an object that Dubuffet or Max Ernst would have been proud to make.
The ivory, with its dark red tukula patina, is clearly very old and has served the Nganga for a long time.
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