[BIGEX (Simon)]

Lot 19
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[BIGEX (Simon)]

L'Oracle des anciens fideles, Pour servir de suite & d'éclaircissement à la Sainte Bible. Berne, s.n. [Provins, Louis Michelin], 1760. In-12, veau marbré, triple filet doré, dos orné, pièce de titre rouge, tranches marbrées (Reliure de l'époque).
Bengesco, n°2382.
Édition originale de cet ouvrage anonyme, réponse à L'Oracle des nouveaux philosophes de l'abbé Guyon, paru en 1759 et dirigé contre Voltaire.
À travers sept conversations entre lui-même et des juifs polonais qu'il voulait convertir, l'auteur démontre la fausseté et les contradictions de l'Ancien Testament.
Très rare impression de Provins, condamnée, brûlée et mise à l'index.
Si l'on a parfois attribué l'ouvrage à Voltaire, l'identité de son auteur est en tout cas dévoilée par le philosophe lui-même dans une lettre adressée à Damilaville le 12 juillet 1763: L'auteur de L'Oracle des Fidèles, livre excellent, trop peu connu, était un valet-de-chambre d'un conseiller-clerc de la seconde des enquêtes, nommé Nigon de Berty, cloître Notre-Dame. Il est venu chez moi; il y est: c'est une espèce de sauvage, comme le curé Meslier.... [...] Apparemment ce Simon Bigex, auteur de L'Oracle des Fidèles, était paroissien du Vicaire savoyard de Jean-Jacques (lettre citée dans la Correspondance littéraire de Grimm et de Diderot, t. III, 1829, p. 313).
Ce Simon Bigex ou Bugex (1729-1806), originaire de Savoie, fut par ailleurs le copiste de Grimm et remplira par la suite, à partir de 1768, la fonction de secrétaire de Voltaire au château de Ferney.
Grâce en partie aux Archives de la Bastille (t. XVIII, 1903, pp. 22-23), documents inédits publiés par Ravaisson-Mollien, nous avons pu retracer l'histoire de ce livre.
Un certain Joseph-Prudent de Roncourt, qui exerçait comme commis auprès des Fermes, se fit remettre le manuscrit de L'Oracle des anciens fidèles par la veuve Auclou, libraire parisienne surnommée la grande Javotte. Il s'associa ensuite avec Jean Lécuyer et Christophe-Frédéric Kolman (ou Colman?) pour le publier. Les trois hommes sollicitèrent alors un imprimeur de Provins, Louis Michel, qui fit débiter de ses presses 800 exemplaires de ce texte moyennant une somme de 242 livres. Les exemplaires furent ensuite distribués dans tout Paris, la plupart sous le manteau.
Rapidement reconnu comme impie & blasphématoire, le livre fut condamné par un arrêt du Parlement du 3 décembre 1760 à être lacéré & brûlé par l'Exécuteur de la Haute-Justice. Deux ou trois jours plus tard, ce fut chose faite. Puis, il fut inscrit à l'Index le 8 mai 1761. Les principaux protagonistes furent menés à la Bastille. Michelin, déjà condamné à l'époque pour une édition du chef-d'oeuvre d'Helvétius, De l'Esprit (1759), et une satire de Madame de Pompadour, fut déchû de la Maîtrise d'Imprimeur-Libraire, privant ainsi la ville de Provins de tout imprimeur jusqu'à la Révolution.
Ex-libris manuscrit du XIXe siècle sur une garde: Louis Curvalle.
Frottements à la reliure, un mors fendu.
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