Poulie Gouro, Côte d'Ivoire Bois à patine…

Lot 7
20 000 - 30 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 91 812 €

Poulie Gouro, Côte d'Ivoire Bois à patine…

Poulie Gouro, Côte d'Ivoire
Bois à patine brillante
H. 16,8 cm - L. 8,5 cm

Provenance:
- Collection privée française
Les collections privées réservent toujours des surprises tant elles recèlent des trésors dont on n'aurait pu imaginer l'existence.
On croyait tout connaître de l'oeuvre du sculpteur gouro, inscrit dans l'histoire de l'art africain sous le nom du maître de Bouaflé, mais une nouvelle étoile vient enrichir son brillant palmarès. Quelques traits suffisent à porter au crédit de l'artiste cet objet inédit, une bobine de métier à tisser: les yeux de chatte étirés et mi-clos, la ligne du large front interrompant sa courbe parfaite à hauteur du nez mutin et l'élégante coiffure en pointes dont la sophistication est la marque de fabrique de cette ethnie du centre de la Côte d'Ivoire.
Le grand collectionneur qu'était Eduard Von den Heydt fut séduit par la manière si sensible du maître ivoirien avant de faire don de ses masques légendaires au musée Rietberg de Zurich pour la plus grande joie de ses visiteurs. Il y a peu d'années, un amateur inspiré autant que fortuné rendait un juste hommage à notre artiste en offrant une somme record pour une de ses oeuvres ayant longtemps fréquenté le salon d'André
Breton.
Le musée Barbier-Mueller, quant à lui, a fait son emblème d'une ravissante poulie dont on peut aisément imaginer qu'elle est l'âme soeur de celle présentée ici.
Bien qu'il ait usé du même nombre d'or, le sculpteur a su conserver son propre genre à chacun de ces deux personnages. Ici la morphologie du visage, robuste et ramassé, suffirait à marquer sa virilité si sa barbe élégamment taillée laissait le moindre doute à ce sujet. Là on perçoit le maintien altier caractéristique qu'impose au corps de la porteuse le canari posé au sommet de son crâne, alors que le cou fin et allongé accentue sa féminité.
Malgré sa fragilité apparente, cet accessoire essentiel du tisserand, illustré ci-contre, était suffisamment compact pour avoir rempli sa fonction si l'on en croit la patine effacée par des manipulations inlassablement répétées, l'usure due au frottement du fil de suspension autour de son attache au sommet de la poulie, et la marque profonde qu'un léger déséquilibre a creusé dans la base de son étrier. La forme de ce dernier, simple et pratique, empruntée aux voisins sénoufo ou baoulé, confirme son utilisation en tête de lisse.
Contrairement à certaines de ses semblables dont l'architecture extravagante défie les lois de l'ergonomie, cette petite poulie répond en tous points aux critères d'authenticité définis en son temps par l'historien d'art et théoricien Frank Willett: "faite par les africains, pour les africains et utilisée comme telle" ... Avec la beauté en prime.
Bertrand Goy
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue