Ɵ Chasse-mouche Tahiri ra'a des Îles Australes…

Lot 59
200 000 - 250 000 €
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Ɵ Chasse-mouche Tahiri ra'a des Îles Australes…

Ɵ Chasse-mouche Tahiri ra'a des Îles Australes avec un personnage Janus, Polynésie
Bois dur et cordelette de sennit
H. 28 cm

Provenance:
- Eleanor Constance Bentley, 113 Banbury Road, Oxford
- James T. Hooper, Arundel, n°510, acquis lors d'une vente en février 1932
- Christie's Londres, 22 Juin 1993, lot 256
- Wayne Heathcote, Angleterre
- Collection privée

Publication:
- Hooper and Burland, The Art of Primitive Peoples, 1953, planche 14B
- Steven Phelps, Art and Artefacts of the South Pacific, Africa, and the Americas, Hutchinson Publications, Londres, 1975, pg. 119, fig. 510
- Roger Rose, On the Origin and Diversity of Tahitian Janiform Fly Whisks, in Mead, S., Exploring the Visual Arts of Oceania, Honolulu, 1979, pp. 202-213, p. 213, note 7
- Terence Barrow, Art of Tahiti, Blacker Calmann Cooper Ltd., Londres 1979, p. 55, fig. 56, au centre de l'image
Les trois types de chasse-mouche et leurs origines selon Roger Rose (1979, p. 202/213).

Autrefois, on pensait que ces objets attribués sur de vieilles étiquettes à ‘The Society Islands' venaient de l'île principale de Tahiti, en oubliant que les Iles Australes pouvaient être incluses dans ce groupe. Il a fallu attendre le 1er voyage de Cook (1768-1771), sur le navire HBM Endeavour, qui a rapporté deux chasse-mouche de Rurutu et Tubuaï pour que la provenance des Iles Australes soit avérée.
Pour compliquer la tâche des premiers scientifiques, il faut ajouter que les sculpteurs des Iles Australes ont travaillé à Tahiti et que cette dernière a pu aussi échanger des chasse-mouche contre d'autres objets.
Le chasse-mouche présenté ici, est l'un des 7 recensés par R. Rose comme étant de type C.
Quatre d'entre eux sont au British Museum, un au Museum of Edinburgh (Indiens, 1982, p. 23) et un au Musée d'Auckland (Oldman, 1943, pl. 11 et 12).
Le type C présenté a un manche de section octogonale réduit en son milieu et décoré de chevrons. Sur les type A et B, les personnages Janus sont beaucoup plus géométriques, les sculptures plus larges et les manches sont souvent composés d'un empilement de disques
La fonction des ‘chasse-mouche'
Selon le récit du Capitaine James Wilson sur le navire Duff (1.799, p. 357/358) et les habitants de Polynésie centrale: ‘ne tolèrent pas qu'une mouche puisse entrer en contact avec leur nourriture quand cela aurait pu être évité. S'ils en trouvent une morte dans leur repas, ou dans leurs provisions, ce qui arrive assurément de temps à autre, la nourriture est jetée aux porcs. C'est pourquoi tous transportent des tapettes à mouches... Quand le repas est servi et chaud, ils continuent d'agiter leurs tapettes afin d'éloigner les mouches, car pour eux, rien n'est plus repoussant et déplaisant qu'une mouche qui risquerait d'entrer dans leur bouche. Leur dégoût envers elles est tel que si une mouche morte venait à toucher leur peau, ils se rendraient immédiatement à la rivière pour se laver.'
Aujourd'hui une majorité de scientifiques comme Roger Rose, David Shaw King ou Steven Hooper ont un point de vue très différent sur l'utilisation de ces objets. Laissons parler Steven Hooper dans Polynésie, Arts et Divinités 1760-1860, Musée du Quai Branly, Paris, 2008, p. 207, n°173 à propos du chasse-mouche d'Oxford PRM 1906.20.6, qui a la particularité d'être complet avec ses morceaux attachés de coquilles d'huitres perlières.
‘Ce qui laisse supposer que ces objets servaient de grelots qu'on agitait pendant les célébrations religieuses (Hooper, 2001) et n'étaient pas utilisés pour chasser les mouches. En 1769, Tupaia de Ra'iatea dessina deux jeunes femmes dansant avec un chasse-mouche dans chaque main (Joppien et Smith, 1985, p. 150).
La description de cette sculpture
Le sommet de ce rare et très ancien (XVIIIe siècle) chasse-mouche des Iles Australes est constitué de deux petits personnages jumeaux attachés par la tête, les épaules et le bassin. Le corps est percé d'un trou qui permettait d'accrocher les coquilles d'huitres perlières.
Les visages offrent un menton pointu, particulièrement caractéristique de profil, une bouche juste signifiée, des yeux aux arcades profondes et un nez court. Le front bombé comporte deux petites excroissances (plus prononcées sur certains exemples) très usées. Les bras formant un angle droit, permettent aux mains de se rejoindre sur l'abdomen. Les pieds débordent un peu sur la section octogonale du manche recouvert d'une série de chevrons serrés. La base de celui-ci se termine par un double disque orné de 15 têtes stylisées de cochon. La partie inférieure du chasse-mouche qui retenait les fibres manquantes est faite d'un beau tressage en corde de sennit.
Ce chasse-mouche (de type C) est le plus ancien des trois types étudiés, sa patine profonde noire et laquée contribue à le classer au niveau des plus beaux objets de son corpus.
Sa collecte, son appartenance historique à de très grandes collections renforcent l'idée qu'il s'agit bien d'un chef-d'oeuvre de l'art de Polynésie Centrale.
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